jeudi 6 décembre 2018

De la singularité de chaque naissance, celle d'Isalie

Voilà 1 an qu'Isalie est venue complétée notre famille.
1 an pour trouver un équilibre, à réajuster chaque jour, avec nos quatre enfants et nous deux.
1 an pour tenter de trouver le temps d'écrire un article sur la naissance d'Isalie, ce ne sera certainement pas le même récit que si je l'avais écrit après sa naissance. Certes. Mais il est là.



Mardi 5 décembre 2017:

Il est 2h30 lorsque je suis réveillée par une étrange sensation humide. Je suis à 3 semaines de mon terme. J'ai déjà connu la naissance de Marien, exactement 21 jours avant son terme... et aussi 2 naissances après terme.
Mais là, je crois bien reconnaître une belle fissure de la poche des eaux.  Connaissant des accouchements plutôt rapides, nous nous installons dans le salon avec JB et on se dit qu'avant le lever du jour nous tiendrons notre bébé dans nos bras!
On appelle notre sage-femme (de secours, Hélène, notre chère Jacqueline étant sur les routes) pour lui dire que ça y est, j'ai perdu les eaux et qu'elle se prépare à venir bientôt nous rejoindre).
Je tente de me reposer en attendant sagement que les contractions se mettent en route.

Pourtant les heures défilent et RIEN.
Zéro contraction.
Et c'est le début d'une longue attente!

Au petit matin, le bébé n'étant toujours pas né, nous commençons donc une journée "classique" avec le réveil des 3 aînés et le petit déjeuner familial. Émire et Marien partent pour l'école et nous faisons un peu de forcing à la halte-garderie pour qu'Abel y passe la journée.
Nous sommes donc en tête à tête pour cette journée particulière.
Les heures passent.... et rien !
Toujours pas de contractions et mon moral commence à être de plus en plus contrarié. Je connais les conséquences d'une fissure de la poche des eaux et les limites dans le temps avant l'hospitalisation.. et ça ça me fait totalement perdre pied.
J'aimerais tellement que cette naissance ait lieu à la maison. La naissance d'Abel au CHU a laissé chez moi une intime et profonde blessure..

Je suis déjà un peu déçue de ne pas être avec Jacqueline, ma sage-femme, car oui, nous avions prévu plusieurs scénarios avant, afin de vivre ensemble cette naissance (elle avait notamment prévue de rentrer dans notre région le 6 décembre soit 3 semaines avant mon terme pour être sûre d'être là... pourtant nous sommes le 5 décembre et mon bébé semble décider à naître !)
Et sur cette déception vient s'ajouter l'absence de contractions qui me fait vivre les montagnes russes émotionnelles en ce début de journée.
Je suis fatiguée et dans l'impasse.

Nous appelons la sage-femme pour l'avertir que RIEN ne se passe. On tente de savoir si la fissure de la proche des eaux était importante ou pas.. comment faire?
Vous auriez dû nous voir, un torchon étendu sur la table à y verser tasse, verre, bol d'eau pour tenter dévaluer une quantité d'eau !!!

A 13h, je décide de me poser pour appeler Jacqueline et partager avec elle ma tristesse, mon impuissance et ma désespoir. Je pleure, je m'interroge sur le pourquoi de ce scénario...
Bon, forcément, elle est tellement forte ma sage-femme qu'elle trouve immédiatement les mots qui me rassurent! Son conseil: me faire plaisir et continuer ma vie comme si cette poche des eaux était intacte.
Soit.
Je vais essayer de faire ça.
Alors j'essaie.
Sans y parvenir.

Heureusement, que notre deuxième super sage-femme, Hélène, ne tarde pas à venir vous rendre visite. Passées les salutations des retrouvailles, du style "oui, ça va super!", je fonds en larmes, basculant dans "ben, non, en fait ça va pas trop... pourquoi ce scénario? Pourquoi je n'ai pas de contractions???"
Nous prenons le temps ensemble de poser les choses, de voir et de sentir que ce bébé va bien. Je dois accepter que cette naissance n'ait pas le même déroulé que celui de ses frères et sœur. Et surtout ME FAIRE PLAISIR pour que mon corps se noie d'ocytocine.....
Hélène repart. Je me sens forte de nos échanges et confiante.

Nous étions encore un peu dans le flou pour l’organisation de fin de journée. Devions-nous récupérer les enfants à l'école et la halte-garderie ou les confier aux grands-parents?
J'ai besoin de voir les enfants, alors, nous les accueillerons à la maison à la fin de leur journée.
Nous décidons que cette soirée sera une fête parce qu'un bébé naîtra bientôt ... alors je me mets au fourneaux pour préparer un succulent poulet rôti, accompagné de ses pommes de terre. Ça semble tout bête de préparer un poulet dit comme ça, mais en vrai la délicieuse odeur qui se libère dans la cuisine suivi du retour d'Abel de la halte-garderie fait que ....... ça y est, des contractions arrivent !!!!

Je couvre les enfants de bisous, de câlins, je me lèche les babines à l'odeur de ce succulent repas qui se prépare. On prépare aussi un petit mot glissé dans le calendrier de l'avent " Ce soir, après le dîner, c'est soirée cinéma chez Papi Do". Parce que là, ça y est, mon corps est clairement au travail.

Les enfants et JB passent à table, je m'installe avec eux, assise sur mon ballon.
Je suis là avec eux pourtant ma tête, elle est déjà un peu ailleurs. Les contractions se sont trèèèèèèès vite rapprochées, et leur intensité monte tout aussi vite. Je souffle entre chaque question des enfants qui voient bien que leur maman est dans un état ... surprenant.
Je presse un peu les enfants à ouvrir leur petit message du calendrier de l'avent, à chercher leur pyjama, enfiler chaussures et manteaux et aller vite dans la voiture pour passer une super soirée avec leur tata chez leur papiDo.
Émire n'est pas très enjouée de partir alors qu'elle sait la naissance du bébé imminente. Je la réconforte comme je peux à ce moment là, lui promettant de vite nous retrouver demain !

Pas de doutes, les choses sérieuses commencent. Mon père n'habite qu'a 5 petits kilomètres de la maison, nous tenons à ce que ce soit JB qui emmène les enfants, tout en nous disant que ce sera à la fois rapide parce que près et en même temps, que ça prendra un peu de temps parce qu'il ne va pas parachuter les enfants... Je sais que JB fera au mieux et au plus vite pour ne pas me laisser seule trop longtemps.
Il est 19h20 quand ma petite troupe s'en va.

A leur départ, je m'allonge sur le canapé pour souffler, respirer, me préparer à la naissance de ce bébé. J'ai l'impression d'avoir attendu toute la journée et que là maintenant tout va vite.
Je suis rapidement inconfortable sur le dos je m'allonge sur le côté, et je sens bien mon bébé qui s'engage et descend dans mon bassin.
Je choisi de ne pas regarder l'horloge malgré le tic tac incessant qui me nargue.
J'attends en silence et impatiemment le retour de mon JB... parce qu'à ce moment, je me dis que je peux accoucher là, tout de suite, maintenant.
Je suis loin de mon téléphone et je n'ai pas envie de bousculer ce bébé qui s'engage tout en douceur. Je suis calme, sereine....

20h05, JB rentre. Je ne suis plus seule. Je lui demande d'appeler Hélène et de préparer le matelas au sol et ... vite, je roule sur le sol, dans ma position favorite, et c'est parti pour la grande tempête!
Je sens beaucoup d'appréhension après l'accouchement Abel. Ces tensions me font ressentir très violemment les contactions.
Je laisse mon corps faire, mon esprit pourtant semble résister.
Pourtant quelques minutes plus tard, je sens la tête de mon bébé... qui glisse d'un seul coup et fait son entrée dans une fracassante douceur sur notre futon.
Il est si petit ! Il pousse ses premiers pleurs. Vite, nous le séchons tout contre moi.
Notre quatrième bébé est né un peu avant 20h30, dans le salon de notre habitation provisoire.


JB appelle Hélène, qui est sur la route pour la prévenir que le bébé est né. Elle nous demande le sexe du bébé. Nous n'avons pas encore regardé. JB raccroche et en attendant son arrivée et avant de mettre le bébé au sein, nous découvrons que notre bébé est une FILLE.
Incroyable.

Hélène arrive, prend soin de moi et et de notre bébé. Tout va bien. J'apprécie toute la douceur et la délicatesse dont elle fait preuve. C'est tellement agréable de se faire chouchouter par une sage-femme (MERCI HÉLÈNE!).

C'est avec la même patience que nous attendrons de te prénommer le lendemain matin ISALIE (non, pas que nous n'avions pas d'idée, juste une hésitation, puis ce fut une évidence dans la nuit pour chacun de nous).

Que je suis fière et heureuse d'avoir donné naissance à cette quatrième petite merveille chez nous.
- Bienvenue Isalie -  


mardi 12 décembre 2017

En 2016/2017

Aucun article n'a été publié pourtant cette année fut dense et riche d'expériences.
Car nous avons décidé de déscolariser nos enfants pour tenter de vivre pendant 1 an en IEF (Instruction En Famille).
Nous sommes heureux d'avoir véçu cette expérience car elle a permis à notre ainée, en mal-être à l'école, de sortir de ce carcan. C'était chouette de vivre à notre rythme, sans contrainte horaires!
Ce fut aussi une année où j'ai du aller puiser loin dans les ressources pour rester quotidiennement bienveillante et l'écoute des besoins de chacun, enfants et parents.

A la fin de l'hiver nous avons pris 2 grandes décisions: celle de scolariser les enfants dans une école Montessori à la rentrée 2017 et celle d'agrandir la famille!
Deux décisions dont nous sommes heureux aujourd'hui (j'espère un jour avoir le temps d'en parler.. mais là tout de suite c'est plutot de la naissance d'une petite fille dont j'ai envie de parler!)

La suite, tout bientôt

vendredi 15 janvier 2016

Prendre de nos nouvelles

Il m'est difficile de me dégager du temps pour tenir ce blog. Materner des chouchous de 4 ans, presque 3 ans et 9 mois, c'est intense. Ce mois-ci le magazine Grandir autrement consacre son dossier à ce sujet. Une occasion de témoigner des bienfaits du maternage, de l'équilibre fragile famial quand nous sommes soucieux de répondre aux besoins de chaque membre de la famille.






mardi 21 avril 2015

Chronique d'une grossesse prolongée

Voilà, notre troisième bébé vit une grossesse unique, singulière. Et nous fait vivre à nous parents, porteurs d'un projet AAD (Accouchement À Domicile), un drôle de chemin. Différent de celui des deux premières grossesses. 
Bienheureuse est née à J+1, petit M a S-3 et voilà qu'avec cet enfant, aujourd'hui, c'est J+4.

Et pour nous, J+4, c'est un peu particulier, car d'abord J., notre sage-femme préférée part aujourd'hui donner une formation à d'autres collègues, loin de chez nous. Alors, il y a d'abord une grande déception de ne pas vivre cette naissance avec elle qui a vu nos deux aînés naître. Oui, je suis triste de ne pas vivre cette folle aventure avec elle. Face à ma déception, il y a sa frustration à elle aussi de ne pas avoir "anticipé" cette absence et sa tristesse aussi de ne pas vivre cette naissance avec nous. Nous nous serrons très fort dans les bras et nous donnons la joie de vivre cette naissance autrement. Car il y a malgré tout une grande joie autour de cette naissance désirée et attendue.
J+4, c'est la veille d'un rendez-vous dans notre CHU qui prévoit un déclenchement auquel nous nous opposons à ce jour car aucun signe clinique ne nous montre que mon bébé souffre de cette grossesse prolongée.
Alors il faut penser intelligemment et parler avec les professionnels de santé pour leur faire entendre et comprendre notre envie de donner une chance à ce bébé de se laisser venir au monde...

On me demande de venir demain, à J+5, à 7h30, à jeun dans ce centre hospitalier pour faire de nouveau un monito, une échographie et un examen du col dans l'optique d'un déclenchement à J+5. Pater appelle le CHU pour les avertir que nous ne serons pas là à 7h30 pour un déclenchement mais que nous arriverons dans la matinée pour un examen de contrôle auquel nous nous soumettrons (monito et écho). Ça tique un peu (beaucoup) à l'autre bout du fil mais c'est ainsi, nous sommes maîtres de la situation !

Nous nous préparons à ce rendez-vous comme à une bataille. Loin d'être inconscients, nous sommes surtout des parents responsables et très conscients de ce que nous sentons et ressentons de cette naissance. Jusqu'à ce jour 16h, notre bébé va bien, le dernier monito nous le prouve, mon bébé bouge parfaitement bien et la sage-femme libérale (une des 4 fées qui nous suit en l'absence de notre sage-femme préférée.... quand on vous dit que nous sommes bien entourés !) qui a effectué le monito aujourd'hui nous conforte cliniquement dans nos ressentis. 
Mes très sage-femmes, au nombre de 5 à ce jour sur notre dossier (merci à elles;) nous épaulent et nous guident dans notre envie et conviction que chaque grossesse est unique et que la science qui se voudrait précise, avec des statistiques, des dates peut se tromper... Alors nous allons tenter de parler avec notre cœur à ce gentil personnel soignant qui voudrait nous faire rentrer dans un protocole que nous jugeons inadapté dans notre situation immédiate.

Demain, nous dirons, Pater et moi à quel point nous sommes les premiers préoccupés par la santé de notre enfant, que nous ne souhaitons pas mettre en danger bien évidemment. Que nous nous tenons aux observations et compte-rendus cliniques de la santé de bébé. Tant qu'il semblera vouloir terminer sa gestation, nous le laisserons au chaud avec une surveillance médicale accrue. Demain, je dirai que je n'ai pas besoin d'entendre la peur de ces professionnels de santé qui eux flippent de ne pas être dans les clous. Je tenterai de défendre mon humanité. Leur dire que nous avons besoin de leur soutien et pas de leurs peurs. 
Demain, nous viendrons aussi au CHU avec nos recommandations du collège des obstétriciens de France leur montrant que leur protocole à J+5 n'est pas fondé....

Je sais que mes sage-femmes et amies sont des oreilles attentives, des âmes sensibles et des professionnelles qui ne nous mettrons jamais en danger et qui seront là pour nous aider à mettre au monde ce bébé dans le respect de nos volontés et notre santé...




Vendredi 10 avril. J+5.

Ce matin, je me réveille un peu moins calme, plutôt stressée par cette échéance du rendez-vous au CHU. Je m'y prépare comme une bataille. On nous avait demandé de venir pour 7h30 pour un déclenchement. Mais nous les avions prévenu au téléphone que nous n'arriverions qu'après 9h et pas pour un déclenchement !

Il est finalement 9h45 quand nous franchissons les portes des urgences de la maternité. Nous sommes accueillis par une sage-femme et une étudiante sage-femme. Avec le sourire. Je leur dis que je vais bien, mon bébé aussi mais que je n'ai pas franchement le moral à l'idée d'être là. Nous entamons la discussion. La SF plante le décor, elle entend réellement notre souhait de parents bienveillants et hyper conscients des enjeux d'une grossesse prolongée. Elle nous dit qu'ils sortent des clous mais face à des parents porteurs d'une demande particulière et bien suivis par des sage-femmes libérales, l'équipe peut s'octroyer un délai supplémentaire. Elle nous demande d'attendre le médecin pour discuter de la suite de la prise en charge de notre suivi. En entendant, pose du monito.

Le médecin arrive, c'est une femme. Avec son interne. Il y a la sage-femme et l'étudiante sage-femme, ça en fait du monde, mais tout le monde à le sourire et on commence par le positif. Notre bébé va bien, moi je le sens et je le dis, l'équipe, elle, se fie au monitoring qui est parfait !
Comme une partition apprise, nous parlons de ce bébé que nous attendons impatiemment. Qu'il est comme son frère et sa sœur un fondement de notre vie et que s'il y a bien une chose qui nous importe c'est sa bonne santé. Je dis que les accouchements sont des moments clés de notre parentalité et que simplement nous ne prenons pas à la légère cette histoire de déclenchement.
Le médecin entend ce que nous disons et nous lui confirmons que nous leur faisons confiance, que nous comptons sur leurs compétences pour nous aider à vivre au mieux cette grossesse prolongée.
Nous convenons donc de faire aujourd'hui un monito et une échographie pour évaluer la bonne santé du bébé. Une fois de plus tout est parfait. Un bébé qui flotte dans un liquide abondant (ça c'est le signe que le placenta continue de bien jouer son rôle), bébé bouge bien et lui et le placenta sont parfaitement placés pour la naissance.
On repart le cœur léger. Un dialogue et une écoute s'est installé entre nous et l'équipe. On nous demande de revenir demain pour un nouveau monito, puis dimanche pour un monito et une écho. Dimanche, nous serons à J+7 soit 42 semaines. Le médecin nous prévient qu'à partir de 42 semaines elle sera plus insistante quand aux risques que nous prenons.

D'ici là, il reste 48h pour que bébé vienne au monde.
D'ici là, j'ai 4 sage-femmes qui m'accompagnent.
D'ici là, je suis sereine*.
D'ici là, bébé nous enseigne la confiance et l'art du lâcher-prise !

* ce qui n'aurait certainement pas été le cas pour une première ou même deuxième grossesse. Quand on a déjà vécu deux naissances physiologiques à la maison, on a déjà appris que nous ne sommes que peu de choses dans la venue au monde de nos enfants. Aujourd'hui, je ne serai (presque) pas déçue de vivre un accouchement en structure. Ce que je souhaite c'est le respect de la physiologie, de mon intégrité. Je suis "heureuse" de passer au-delà du lieu de la naissance de mon bébé et de réussir à me focaliser sur notre bien-être. Tout en restant très lucide sur ce qui est possible en structure. Mais face à des parents comme nous, investis et conscients, peu de choses nous sont finalement refusé. 
A ce jour, si naissance au CHU il devait y avoir, nous serions libre de pas mal de choses (procédure pour un déclenchement, liberté de mouvements pendant le travail et l'expulsion, et sortie précoce, le jour même).



Samedi 11 avril. J+6.

Nouveau contrôle au CHU. On commence à prendre nos marques et nos habitudes ! L'équipe qui nous accueille est toujours réceptive et attentive à nos souhaits. Aujourd'hui, en plus du monito, la sage-femme qui nous reçoit me propose une petite séance d’acupuncture. C'est donc parti pour une petite séance. Avec les deux sage-femmes présentes, nous évoquons la journée du lendemain où nous serons à 42 semaines, un peu la date limite pour le CHU. On veut anticiper, ne pas se sentir obligé de déclencher le lendemain. Une des SF nous suggère de rencontrer un gynéco aujourd'hui, qui a plus de bouteille que celle présente le lendemain et qui se permettra peut-être de prendre encore un peu plus de liberté avec le "protocole".
J'appréhende un peu cet entretien....
Le médecin arrive très vite, il est au courant de notre dossier, de notre envie d'une naissance physio, d'un projet d'AAD. Bref, il entre dans le vif du sujet car il a rédigé il y a peu un article sur les grossesses prolongées et les dépassements de terme... Il est très honnête et commence par nous dire que cette histoire de date est très culturelle: aux USA, on déclenche à 40 semaines, en France, les structures ont un "accord" à J+5 malgré une recommandation du collège des obstétriciens qui préconisent un J+7. Et si nous vivions dans les pays nordiques, on déclencherait plutôt à 42+6.... Ah oui, vu comme ça, notre demande d'attente est quand même plutôt légitime.
Il est droit dans ses bottes ce médecin, nous dit bien qu'ils ne peuvent en rien nous obliger à déclencher cette naissance. Il nous parle aussi de son avis personnel, nous disant que si j'étais sa femme (!) il ne pousserait pas au -delà de 42 semaines + 3 jours. Il ne peut s'empêcher de nous parler des risques d'une grossesse prolongée, spécifiant bien que bien que très très très faibles, nous prenons le risque que le liquide amniotique soit teinté et dans ces conditions, il faudrait peut-être réfléchir à deux fois pour une naissance à domicile.
Nous convenons ensemble avec Pater, de ne pas prolonger la grossesse au-delà de 42 + 3, soit J+10, non pas que ce médecin ait évoqué ce chiffre mais parce que dans nos têtes c'est la recommandation de l'OMS.
Mais bon, chaque jour et chaque heure réserve son lot de surprise... D'ici là, nous savons que demain, on ne nous retiendra pas au CHU pour un déclenchement.


Quelques heures plus tard

Il est 20h, mes petits grands sont dans le bain et voilà que je perds les eaux, à grandes eaux ! Vite, il faut trouver un grand-parent disponible pour venir les chercher ! Appeler la sage-femme, Pater panique un peu car dans ce liquide abondant, un détail nous interpelle, la couleur légèrement teintée. Pour moi, tout va bien, je prépare les valises de mes petits pour qu'ils partent sans trop de stress et sans rien oublier ! chez mon papa. Un gros câlin et ils vont avec leur papy, ils sont trop contents !
Une petite heure plus tard, une des sage-femmes arrive chez nous. Et nous annonce assez rapidement qu'elle ne préfère pas prendre le responsabilité d'un accouchement à la maison avec un liquide teinté, pour elle nous sortons du cadre sécure de l'AAD. Ce n'est pas une surprise. Je comprends le point de vue de L. Elle s'installe juste, c'est son premier accouchement seule, et je pressentais cette situation. Nous prenons le mini sac à dos et vite nous filons au CHU car même si je n'ai pas encore de contractions, je ne veux pas me laisser surprendre.

En voiture, je ne peux m'empêcher d'envoyer un petit texto à ma sage-femme attitrée partie quelques jours plus tôt aux Antilles, donner une formation à un groupe de SF. Elle me manque dans ce moment. Tout de suite, elle est là, me rassure avec ses mots et prend le temps d'appeler Pater, lui qui sera garant de ma bulle au CHU.

21h30, nous entrons aux Urgences où nous sommes attendus. L., la sage-femme les a avertis de notre arrivée. Très vite, la sage-femme me rassure sur ce liquide teinté qui ne l'inquiète pas. Me demande d'aller au bout de mes larmes quant au projet d'AAD qui prend fin. Et me dit de ne pas m'inquiéter, qu'elle nous réserve une attention particulière. Elle prend la décision de nous orienter vers l'espace physio de la mater et de nous diriger vers une sage-femme particulièrement ouverte et attentive à notre projet. Il est 23h quand nous partons en salle de naissance et il est temps, je sens que la tempête n'est pas loin.
Mais structure oblige, je dois parler avec la sage-femme de ce que je souhaite pour la naissance. Je sors de ma bulle, tout est discuté. Elle entend notre envie d'intimité, de respect des corps, d'un minimum de personnes en salle, et d'un minimum de soins. Elle est top cette Marine. Nous sommes toujours connectée à notre sage-femme préférée par téléphone.

23h30, la tempête des contractions commencent, on m'embête encore avec une petite prise de sang, la pose d'un monito sans fil. Marine, nous laisse vivre en toute intimité ce moment. Je reconnais immédiatement la montée rapide des contractions, je souffle, je me repose, je m'apaise avant de replonger. Et c'est comme à la maison, Pater répète inlassablement les mêmes gestes pour me soulager et m'accompagner pendant que je sens bébé descendre dans mon bassin. Je suis à quatre pattes, la tête posée sur mon ballon.... Nous sommes dans la pénombre. Tous les deux.
Puis, ça y est, bébé arrive, j'ai juste le temps de trouver la petite sonnette pour prévenir Marine. Elle arrive et voit déjà la tête de bébé. Je sens que ce petit bébé va avoir besoin d'une grande aide de sa maman pour sortir de là, je ne ménage pas mes efforts pour le sortir au plus vite. Étant au CHU, j'ai comme une épée de Damoclès au dessus de la tête et je me dis que je dois aller vite pour n'inquiéter personne et que mon bébé aille bien. J'avais demandé à la sage-femme à ce qu'elle ne pratique aucun geste intrusif pour l'expulsion de mon bébé, mais elle me demande si je n'ai pas besoin d'un coup de pouce, que je sens aussi nécessaire, elle tourne très légèrement la tête de mon bébé pour que ses larges épaules passent à leur tour. Une poignée de secondes plus tard, notre bébé est né, presque dans le noir de cette salle accompagné par son papa et juste avec la présence nécessaire de la sage-femme. Qui nous laisse nous rencontrer. Nous sommes dans notre bulle.
Structure oblige, elle vient toute les 15 mn mais sait se faire tantôt discrète, tantôt bienveillante. Elle s'occupe de moi aussi.
Qu'il est doux de sentir son bébé dans ses bras. Alors fille ou garçon?
Héhé, c'est un garçon ! Nous t'appelons Abel, un prénom qui nous suit depuis les 3 grossesses, et qui attendait juste de trouver celui qui le porterait...
Toujours à distance, on prévient Jack, notre sage-femme et les deux autres SF qui s'étaient rendus disponibles pour nous.

Ce n'est que plus tard dans la nuit qu'une auxiliaire viendra s'occuper de notre bébé sous nos yeux. Juste pour le peser et le mesurer. Un beau gaillard de 4kg370 et 54,5cm un petit géant (on ne peut même pas t'habiller avec le pyjama que j'avais mis dans le sac !). Mon grand A.
Nous demandons à rentrer chez nous vite. Nous attendons la relève et un gentil petit ballet de SF vient nous féliciter, celles que nous avions rencontrés la veille. De toutes leur sensibilité elles nous souhaitent une belle route avec toi Abel.


Il est 10h quand nous quittons le CHU sous les yeux de plein de soignants un peu interloqués de la situation. On ne les voit presque pas :)
Rentrons vite chez nous, redécouvrir un lit confortable où nous reposer tous les trois avant que la famille soit réunie au complet.


Ressentir autant de bienveillance dans un contexte plutôt hostile (à mes yeux car la réalité nous a prouvé le contraire) est un incroyable cadeau de la vie qui donne de l'espoir et nous permet de vérifier une fois de plus que la communication, l'écoute et le dialogue sont des valeurs essentielles pour que tous, puissions nous entendre et nous comprendre dans nos sensibilités différentes... Mon souhait au-delà de l'AAD est le respect de la physiologie, et je crois que pour cette grossesse aussi le pari est relevé, pas de déclenchement malgré ce que nous pensions. Mon bébé est né quand SON moment était arrivé. C'est bien là une chouette récompense. J'ai accouché de la "même" façon que mes deux premiers accouchements à la maison: n'écoutant que les mouvements de mon bébé pour l'accompagner au mieux dans sa mise au monde.

Tôt dans la semaine, et peut-être pour nous rassurer nous et nos sage-femmes, nous nous sommes dit que la venue au monde de cet enfant serait un trait d'union entre tous ces professionnels et nous parents. Car ce sont bien les parents, qui avec nos demandes faisons penser autrement les structures qui elles doivent répondre au plus grand nombre. Je pense qu'avec Abel, nous avons permis à une équipe de professionnels de se positionner autrement, à penser différemment pour notre situation singulière. Et puis, moi, maman, j'ai surtout compris qu'entre hôpital ou maison, là n'était finalement pas le question. Évidemment j'aurai préféré donné la vie dans mon univers. Mais ce qu'il m'a manqué c'est ma sage-femme, celle qui me connaît depuis 4 ans, suit mes grossesses et mes bébés. C'est ce lien qui est important dans la naissance. Dans la situation que nous vivions, que ce soit à l'hôpital avec Marine ou à la maison avec L., ces deux sages-femmes ne me connaissaient pas. Le lien de confiance n'était pas encore tissé. Alors oui, j'ai aussi grandi dans cette expérience.
Je suis arrivée à l'hôpital avec un désir d'intimité et de respect, ils ont largement été entendu et respecté....



Lundi 20 avril

Voilà huit jours que notre petit-grand A est parmi nous. Le temps file sous le rythme effréné de la vie avec 3 enfants de moins de 3 ans et demi ! Demain, je retrouve ma sage-femme. Un temps fort pour nous retrouver, présenter notre merveille et parler de cette naissance singulière...

mercredi 23 juillet 2014

Nos activités d'été

je ne prends pas le temps d'écrire comme je le souhaiterai (et puis, il faut dire que le blog pour la famille occupe déjà tout mon temps d'internet). Bref, voici en images un petit condensé de nos activités fétiches de cet été

En mai: le hamac suspendu à trouver petits corps à lover!


En juin: entre la contemplation du Pater sur un tracteur-tondeuse et LA piscine au jardin, les enfants étaient heureux.


En juillet, avec quelques jours pluvieux, nous avons retrouvé quelques plateaux montessoriens. Mais la peinture est bel et bien la star de ce mois de juillet.





dimanche 22 juin 2014

Grandir et partir ... une nuit

Vendredi soir, ma "grande" fille de 2 ans et demi a fait preuve d'un grand pas dans son autonomie. Elle a décidé seule de passer la nuit chez sa grand-mère. En effet, Mamisa était venue passer la journée avec nous et nous l’avons raccompagnée chez elle. Alors que je m'apprête à partir avec les enfants, ma Bienheureuse me dit que non, elle ne veut pas rentrer à la maison et veut dormir chez sa mamie. Bon, là mon cœur de maman a failli défaillir....
Je reprends donc le temps de lui expliquer qu'elle peut rester dormir chez sa Mamie mais que comme cela n'était pas prévu elle n'aura pas son doudou pour dormir car resté à la maison. Elle me dit qu'elle en trouvera un autre pour la nuit! Quelle maturité.
Je repars donc à la maison qu'avec mon petit M.

La nuit s'est très bien passé malgré une grande difficulté à s'endormir sans le fameux doudou, sa Mamisa est restée tout près d'elle à lui chanter des chansons jusqu'à temps que son sommeil arrive. Le lendemain elles ont ensemble profité de ce tête à tête improvisé et sa grand-mère s'est dit "toute émue de ce temps passé avec Bienheureuse, choisi par elle et "assumé" comme une grande sans doudou! Magnifique petite fille........" 

Pendant ce temps-là, nous avons profité, de notre garçon, seul à la maison. Petit M nous montre aussi qu'il n'est plus un tout-petit, il parle de plus en plus avec les "bonjour, merci, tracteur, pipi, banane, compote, boire..." et tant d'autres mots. Il semblait aussi ravi de profiter de moment où il a pu jouer sans que sa grande sœur ne l'interrompe dans ses activités.

Et bien-sûr, nous étions comme des fous lorsque notre Mirette a franchi le seuil de la porte le lendemain ;)


lundi 20 janvier 2014

Que s'est-il passé chez nous depuis tout ce temps?

Le temps file, je profite des enfants et je ne prends plus le temps de poster de nouveaux articles sur le blog. C'est dommage, j'aime bien cette empreinte. 
Voici donc un "résumé" de ce qu'il s'est passé chez nous ces deux derniers mois.

 Il y a bien-sûr eu Noël. A cette occasion, nous avons ressorti farine et sel pour une séance de pâte à sel. Ma grande a pris beaucoup de plaisir à l'étaler et à poser les cercles.

Ma grande a développé une grande passion pour le ménage: aspirateur, balai, éponge, chiffon, tout l'intéresse. Son frère la suit et est très, très intéressé par le vent de l'aspirateur et c’est un délice pour lui d'avoir les cheveux au vent !

Une draisienne et des kaplas sont apparus au pied du sapin. Un véritable succès! La draisienne est de sortie tous les jours et ma Mirette parcours sont bon kilomètre, le tour du paté de maison; une promenade durant laquelle nous saluer nos amis Coco, le cochon, Soizic la ponette, et les moutons, un vrai rituel pour les enfants.
Avec les kaplas, les playmobils sont aussi de sortie et Mirette passe beaucoup de temps à leur construire des lits &  des cabanes. Et remarquez-vous sur la photo? Ma grande n'a plus de couche. À 26 mois, elle est capable d'aller seule sur les toilettes (vive les marches-pieds et le réducteur wc!). C'est fou comme j'ai l'impression que cette étape l'a grandi !

Elle a ce mois-ci commencé ces premiers collages
Et mon petit M, mon bébé qui grandit, qui grandit et qui, dans moins de 3 semaines soufflera sa première bougie. Et bien, il se tient fièrement débout, se hissant très souvent sur la pointe des pieds pour voir ce qu'il se passe de l'autre côté, et il n'est pas rare qu'il se suspende à la force des bras ! pour reposer tranquillement ses pointes de pieds...

Comme pour sa sœur, les livres sont l'unes de ces activités favorites
Et il mange tout seul! Cette photo est un peu faussée car à vrai dire il préfère manger avec les mains qu'avec sa cuillère. Gourmand comme il est, il se sert de généreuses poignées qui finissent pour la moitié sur le sol. Nous lui proposons systématiquement la cuillère, mais visiblement la main lui semble plus efficace !

Mêmes gestes, mêmes attitudes, mêmes intérêts... et la complicité grandissante des enfants !